10 février 2005

Sons

Dernièrement la vie, sans plus, sans me poser trop de questions.

 - Tu mens Logan.

Et un énervement.
C'est la première fois que des travaux m'écorchent à ce point. Et puis j'ai raté, au piano. Le son de la pédale qui couine (depuis plusieurs mois, allez savoir ce qu'il lui a pris à celle là, mais aujourd'hui je ne la supportais plus), ce Fa qui se bloque. Je suis resté planté comme un con devant le clavier: "Dios...qué fracaso...".
Dans la chambre, le ciel gris qui insiste. Je dois allumer la lumière de l'enfermement: "ya empieza la tristeza?". L'oubli de ce que je voulais écrire, je ne supporte pas ça.

Ces sons étouffants m'ont alors rappelé ce passage que j'avais aimé dans Pedro Páramo, de Juan Rulfo.
On entre dans ce livre comme dans un film: "Vine a Comala porque me dijeron que acá vivía mi padre, un tal Pedro Páramo.". Et à un moment la description sonore, ce que j'essaye de toucher dernièrement avec la voix du piano:

"Me senté en el suelo a esperar el sueño.
Dormí a pausas.
En una de esas pausas fue cuando oí el grito. Era un grito arrastrado como el alarido de algún borracho(...).
Me enderecé de prisa porque casi lo oí junto a mis orejas; pudo haber sido en la calle; pero yo lo oí aquí, untado a las paredes de mi cuarto. Al despertar, todo estaba en silencio; sólo el caer de la polilla y el rumor del silencio.
No, no era posible calcular la hondura del silencio que produjo aquel grito. Como si la tierra se hubiera vaciado de su aire. Ningún sonido; ni el del resuello, ni el del latir del corazón; como si se detuviera el mismo ruido de la consciencia."

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