29 janvier 2005

Chroniques de la violence ordinnaire

Parlons un peu télé, parce qu'il faut bien en parler, elle fait partie de la société.

Ils ont changé la pub pour Ricoré, c'est nul maintenant.
La petite émission de Maïtena Biraben "Nous ne sommes pas des anges" est géniale. Pour une fois qu'ils ne se sentent pas obligés d'avoir un public pour applaudir toutes les 20 secondes.

Et puis il y a eu le journal de 20h, aujourd'hui. J'étais endormi quand le mot "blog" a résonné à mes oreilles. Noémie et Clémence ont mis fin à leurs jours. Pour Noémie, c'est sûr: le corps a été retrouvé. Clémence est disparue pour l'instant. Elle avait ouvert un blog en faisant un compte à rebours annoncant son acte, et le dernier message l'a confirmé. Mais il n'y a eu aucun commentaire.

Plus tard, Chroniques de la violence ordinnaire. Un documentaire en plusieurs volets qui tente d'analyser la violence dans les cités. Quelque chose qui est destiné aux gens comme moi.

Je me calme. J'ai honte d'avoir dit que j'aimais les gens alors que je ne les connais pas, que je n'ai même pas fait l'effort de les aimer, que je les aime depuis derrière ma fenêtre, derrière mon écran, mon clavier et mon appareil photo. Je me calme.
Les idées humanitaires ressemblent de plus en plus à ce que je ne croyais pas qu'elles étaient. Je savais qu'il existe de l'humanitaire sans voyage, qu'en bas de chez soi il y a déjà à faire. Mais je ne suis pas de ceux qui parlent avec les clochards, et j'ai honte de prétendre aimer les gens.

Clémence...Un autre message lancé dans le vide. Je me demande jusqu'où on peut aller si l'on s'implique. Dans l'absolu, ce n'est pas la première fois que je me pose la question, mais quand un cri est lancé dans le vide de la toile, c'est autre chose. Aider là, c'est marcher sur des oeufs. Un médecin doit prendre des responsabilités, mais ce n'est pas le boulot d'un internaute voire d'un ami: on ne sait pas. On a bien eu un cours sur la prévention du suicide: il y a à savoir.

Que des question. Je me calme.

Posté par Logan à 01:02 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Chroniques de la violence ordinnaire

    Je suis de Calais, et je connaissais de vue Clémence et Noémi. Le blog à Clémence n'avait rien de particulier. C'était un blog de jeune comme une autre. Des textes de suicidaires ? Y'en a partout maintenant. Partout.

    Posté par Guillaume, 30 janvier 2005 à 15:27 | | Répondre
  • Il y avait cette représentante du ministère public tout juste sortie de l'école, sans compassion aucune. Il y avait ces avocats, pathétiques dans leurs effets de manche. Il y avait la juge, à deux doigts d'etre humaine, un tout petit peu, mais il faudra repasser. Et il y avait ces gens de peu broyés par la vie qui ne comprenaient pas, qui ne comprenaient rien.

    Bien à vous.

    Posté par le bleu du ciel, 30 janvier 2005 à 17:49 | | Répondre
  • Guilaume: partout oui, parce qu'il y a déjà beaucoup d'idées suicidaires à la base, et on ne sait plus lesquelles prendre qu sérieux. Un ami me racontait l'histoire d'une fille qui menaçait de le faire. Un garçon en a eu marre et lui a dit qu'après tout elle faisait ce qu'elle voulait, elle n'avait qu'à se tuer. Elle a renoncé. C'est bien tombé. Mais même si souvent la menace est déjà un signe que l'acte ne sera pas mené jusqu'au bout, le cas présent montre à quel point passer à côté d'une "malheureuse exception" est dramatique.

    Ciel: avocats pathétiques dont je comprends chaque jour un peu moins le travail: il a dû défendre le jeune au sourire plein de sarcasme et, surtout, attaquer la femme aux larmes déboussolées.
    Moi non plus je n'ai plus rien compris, parce que je ne connais pas la fatalité.
    La grosse femme qui achetait des albums de Martine fleuris, le jeune qui savait déjà qu'il passerait sa vie dans la négation, comme devant cet agent de police, ce commisaire au quotidien étrange.
    Bien à vous également

    Posté par Logan, 30 janvier 2005 à 21:19 | | Répondre
  • J'ai vu le journal télévisé comme toi, comme toi j'ai sursauté en entendant parler de blog, et j'ai ouvert des yeux incrédules : c'était quoi ce machin absurde, ce reportage sur un suicide comme prétexte pour parler des méfaits de la toile de mygale, ce psychiatre interviewé dans la nuit, le temps d'une analyse de trois secondes. Analyse de quoi? De l'illusion de communication sur internet. C'est tout. Ah.
    Le suicide, c'est pas ça. C'est pas des lois des règles et des exceptions, c'est pas des images
    sans sens pour faire un petit titre accrocheur dans un JT. J'ai eu honte pour le monde. A dégueuler.

    Posté par Hepao, 01 février 2005 à 09:15 | | Répondre
  • Ca fait con de faire une faute d'orthographe au titre, aucun respect du lecteur.

    Posté par hdn, 12 mai 2005 à 12:35 | | Répondre
  • Va cordialement te faire phouttre cher hdn.

    Bonne journée le révolutionnaire

    Posté par logan, 14 mai 2005 à 01:38 | | Répondre
Nouveau commentaire